La chasse aux « faux français » ou « la xénophobie informatisée »
Par Pierre BOUKHALFA le vendredi 15 janvier 2010, 02:52 - Victimes d'exclusion/répression - Lien permanent
Quand la preuve de la nationalité devient une épreuve
Quinconque est né à l’étranger peut être l’objet de tracasseries pour renouveler ses papiers. Cette aventure est déjà arrivée à ma mère née à Oran : « prouvez que vous êtes française » Ma mère est âgée et n’a que sa carte d’identité pour toutes ses démarches. l’absence de passeport ou de carte d’identité peut avoir des conséquences bien réelles, bien concrètes. Un commerçant des Alpes-Maritimes raconte qu’il a être mis dans la misère car on lui a refusé la licence faute de papiers d’identité. D’autres personnes ont perdu leur emploi sans compter les jours perdus à expliquer l’histoire de son grand père, de sa grand-mère etc..
La ligue des droits de l’homme s’était emparée du problème avec la personne de Madame Abitbol. Celle-ci ne comprit pas que lors de son banal renouvellement de sa carte d’identité on lui demanda de justifier sa religion. Elle est juive de l’Algérie, française depuis le décret Crémieux de 1870, à qui l’on demanda la production d’un acte prouvant sa religion à l’occasion du renouvellement de sa carte d’identité ;
Aujourd’hui rebelote avec le débat sur l’identité nationale : la journaliste et romancière Tatiana de Rosnay raconte sur le site Rue 89 les blocages administratifs l’empêchant d’obtenir le renouvellent de son passeport pour se rendre au Etats unis où elle tourne le film Sarah. « Ce qui m’arrive peut arriver à tout le monde. Mon cas touche de plus en plus de gens, sans que cela se sache. » Tatiana de Rosnay est née en 1961. Son père est un Français né à l’île Maurice. Sa mère est une Anglaise née à Rome. Devenue Française lors du mariage en 1959, à Paris. Les deux grands-parents maternels sont Anglais. Le grand-père paternel est un Français lui aussi né à Maurice, la grand-mère maternelle est une Russe devenue elle aussi Française par mariage.
De nombreux Français se retrouvent sans papiers, c’est le cas en autres de David né en 1960 à Tunis « Comment vous êtes vous retrouvé Français puisque né en 1960 en Tunisie et non en Algérie vous n’êtes pas concerné par le décret Crémieux » Le dossier fut renvoyé au tribunal de grande instance et il recherche les traces de la déclaration de naissance de son père son grand père.
Sarah 39 ans née à Paris. La jeune femme a été envoyée au tribunal de grande instance et a dû prouver la nationalité de son père, grand père, arrière grand père. N’ayant pas été en mesure de fournir tous ces document le tribunal a reconnu la nationalité du fait du mariage avec un Français.
Alors si le renouvellement des papiers virent au cauchemars quand on demande lors du renouvellement d’identité de prouver pour toute personne née en France de parents étrangers ou ceux nés à étranger de prouver leur nationalité ; ce parcours du combattant est encore une dérive de plus du débat sur l’identité nationale. Ce qui est nouveau, c’est que les exigences administratives sont systématiques, tatillonnes et souvent kafkaïennes. Par exemple, le fait d’avoir eu une carte d’identité française pendant toute sa vie, effectué son service militaire en France, voté à toutes les élections, ne suffit pas quand les parents sont nés à l’étranger et quand on est né à étranger soi-même, le fait d’avoir ses parents français, ses grands-parents français, ses arrière-grands-parents français ne suffit pas non plus. Désormais, il faut en effet produire le « certificat de nationalité », délivré par le tribunal d’instance
Cette chasse aux vrais-faux Français entre tout à fait dans la démagogie du gouvernement « tout ce qui est étranger est suspect », et lorgnant vers les thèmes d’extrême droite !
Martine Lozano militante associative
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