Depuis le 10 décembre, nos collègues du RER A mènent une grève à l’appel de leurs sept organisations syndicales.
La quasi-totalité des conducteurs (98%) sont en grève. Les quelques rames qui circulent sont conduites par des cadres réquisitionnés comme briseurs de grève.
A plusieurs reprises, nous avons dénoncé ces pratiques de la direction qui, en outre, les cadres n’ayant pas l’expérience des lignes, font peser un risque sur la sécurité.
Cette action suit celle du 9 novembre (voir article ci-dessous). Depuis, la direction de l’entreprise est restée à peu près sourde aux revendications et a même refusé de négocier pendant la durée du préavis de grève. Le 9 novembre, les agents du RER B étaient également en grève. Ils le seront de nouveau à partir du 15 décembre.
Toutes leurs revendications sont justes et légitimes.
Malgré l’allongement de la ligne du RER A et la surcharge de travail et de responsabilité qu’il représente, la direction s’obstine à refuser l’octroi d’une prime intégrée au calcul de la retraite.
Sur le RER B, la fin de l’interconnexion RATP/SNCF a également alourdi la charge de travail. D’autant plus que la direction tente de l’utiliser pour supprimer des temps de pause et refuse d’embaucher les personnels nécessaires.
Au-delà des revendications particulières, ces luttes affrontent directement l’ensemble de la politique de la direction de la RATP et du pouvoir. L’obstination de la direction s’explique aussi et surtout pour cela.
Dans la perspective de la privatisation, le dogme des lois de la concurrence ne doit pas être contesté. Pour que l’entreprise supporte la concurrence, parfois des filiales de la RATP elle-même, les agents devraient accepter des sacrifices, sur les salaires, les temps et conditions de travail, les acquis sociaux…
Mais cela ne tient pas. La RATP a enregistré, une nouvelle fois, des profits nets de 107 millions d’euros au premier semestre 2009. Il convient aussi d’y ajouter au moins les 55 millions de pertes financières et les 39 millions d’euros détournés pour augmenter le capital de la filiale RATP-développement (qui rachète des réseaux à l’étranger).
Pressurer les agents, c’est le moyen de créer des foyers de profit pour les privatiseurs.
Comme les collègues du RER A et du RER B, comme les agents des réseaux de transports de province (TCL, TCB…), nous refusons la logique de mise en concurrence des travailleurs les uns contre les autres au bénéfice de quelques grandes firmes.
La RATP, entreprise nationale, a un autre rôle à jouer. Non à la privatisation ! Monopole public RATP/SNCF sur les transports urbains d’Ile-de-France !
La direction veut mater les agents du RER A et du RER B, leur combativité, pour ne pas laisser ouvrir une brèche dans sa politique. Leur lutte n’en est que davantage la nôtre.
Par Collectif PCF RATP Bus 9 -

Grève massivement suivie aux RER A et B : les revendications pointent directement la politique de privatisation
Des emplois supprimés : du retard sur toute la ligne!
Ce 9 novembre 2009, la grève des personnels RATP des lignes A et B du RER à l’appel de leurs syndicats majoritaires (et de personnels SNCF du RER B) est massivement suivie, à plus de 85%. Elle suit plusieurs grandes mobilisations dans l’année, particulièrement sur le RER B, auxquelles les directions ont refusé de répondre sur le fond.
Cela ne peut plus durer. La recherche de la rentabilité financière sur le réseau historique RATP, pour, comme l’a proclamé le PDG Mongin, partir à la conquête de marchés étrangers et rentrer dans les « TOP 5 » des firmes mondiales de transport urbain, a des conséquences de plus en plus insupportables pour l’exécution du service public, les conditions de travail et de rémunération.
La fin de l’interconnexion RATP/SNCF à gare du Nord pour le RER B a été surtout le moyen de supprimer des personnels, des temps de pause. Pour le STIF de Huchon, elle rentre dans une logique de mise en concurrence de toute la ligne à terme.
Sur le RER B comme sur le A, les sous-effectifs se font de plus en plus lourdement sentir. D’autant que les directions tentent de supprimer les « glissements » dans les terminus. Preuve que les restructurations n’ont pas pour but d’améliorer la régularité des rames pour les usagers mais pour conséquence de la dégrader.
Comme dans toute l’entreprise, les salaires, notamment les salaires de base, sont scandaleusement bloqués.
L’annonce par Mongin d’un bénéfice en hausse de 16% pour le 1er semestre 2009, malgré la « crise », traduit l’intensification de notre exploitation. Dans le but néfaste que Sarkozy lui a assigné.
La force de la mobilisation des collègues du RER est un formidable encouragement pour tous les salariés de la RATP.
Il montre, après le contrecoup de la bataille des retraites d’il y a deux ans, que les rassemblements très larges nécessaires sont possibles dans les attachements pour mettre en échec la politique de privatisation rampante, défendre et regagner les conditions du service public.
Le moment est particulièrement important, à la RATP et à la SNCF, avant l’examen du projet de loi sur le Grand Paris, l’entrée (soi-disant) en vigueur du règlement européen de marchandisation, la campagne des élections régionales.
Le moment est encore d’autant plus important que les mobilisations pour le service public se développent partout : à la SNCF après la grève du 20 octobre, au Pôle emploi, à France Telecom…
A l’éducation nationale, maintenant à La Poste, demain sans doute dans l’ensemble de la fonction publique, une journée nationale de grève est fixée au 24 novembre 2009. Après le développement à l’échelle du pays du mouvement contre la transformation de La Poste en SA et la marchandisation du courrier, les conditions d’un mouvement d’ensemble pour gagner, pour commencer à mettre en échec la politique du pouvoir, existent.
Objectivement ! Communistes, nous mettrons toutes nos propositions et initiatives pour y contribuer.

Par Collectif PCF RATP Bus