Appel à manifester jeudi 24 09 préfecture Annecy
Par Pierre BOUKHALFA le jeudi 24 septembre 2009, 17:06 - Migrants - Lien permanent
Nous avons appris mardi dans la soirée qu'un groupe de 16 hommes logés avec leurs familles au centre G.Bonnet (115) se sont vu refuser l'accès au centre pour y dormir.
Raison invoquée: il n'y a de la place que pour les femmes et enfants, soit 83 places. Les épouses et les enfants refusent de se séparer et d'éclater le groupe familial.
Faut il rappeler que l'État a, de par la loi, obligation de prendre en charge TOUS les migrants, le temps de l'examen de leur demande d'asile ou de séjour, quelqu'en soit le motif?
Le gouvernement communique beaucoup sur la tradition d’asile de la France, mais réduit inexorablement les droits des Étrangers et les préfectures se permettent de violer ouvertement les lois offrant le minimum de protection aux migrants.
La manifestation organisée mercredi dans l'urgence a permis qu'une délégation soit reçue par le directeur de cabinet, sans aucun résultat, hormis la promesse vague qu'une solution serait recherchée.
En attendant nos 16 pères de famille passent leur deuxième nuit dans la rue, avec les isolés dont c'est, hélas, le lot depuis longtemps.
Qu'espère-t-on, au juste? Que les familles, privées de leur soutien et réduites à la misère, rejoignent la rue, et ainsi, disparaissent des registres, comme à Calais? Veut on acculer les migrants à la mendicité, voire à la délinquance pour les désigner à la vindicte populaire suscitée par de savantes campagnes autour de "l'insécurité"?
IL EST DE NOTRE DEVOIR DE NOUS INSURGER CONTRE CETTE NOUVELLE DÉRIVE QUI PORTE GRAVEMENT ATTEINTE AU DROIT ET À LA DIGNITÉ DES ÉTRANGERS.
Nous appelons donc à revenir encore plus nombreux à la préfecture demain, jeudi 24 septembre à 17H30.
En cas de réponse négative, nous envisagerons collectivement les actions à mener, en accord avec les intéressés.
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Compte rendu du rassemblement de mercredi:
Bonsoir,
suite à l'appel à la manif d'hier, nous étions une grosse centaine à la Préfecture ce soir entre 17H et 19H. Une délégation emmenée par Mauricette Charlet a été reçue par un directeur de cabinet qui a commencé par vanter l'efficacité de l'Etat qui héberge actuellement environ 600 demandeurs d'asile. (sauf qu'il en hébergeait plus de 1.000 il y a 5 ans voir http://galopin74.free.fr/CSSP/2004/Compte1511.htm)
La préfecture a annoncé que des gymnases avaient été réquisitionnés pour les malades de grippe A. Malheureusement : les demandeurs d'asile sont en bonne santé et personne n'avait de virus de grippe A à leur fournir !
Quand on a proposé d'ouvrir le gymnase des Marquisats, qui est fermé, on nous a répondu qu'il était trop tôt, que la Préfecture attendait les grands froids !
On nous a dit que l'on ne pouvait pas loger les 16 hommes en hôtel avant samedi à cause d'un Congrès ! Si on ne peut pas trouver 16 places en hôtel à Annecy, on se demande comment la ville peut envisager d'accueillir les jeux olympiques !
Puis on nous a dit que le préfet pouvait réquisitionner, mais que 16 personnes, ce n'était pas assez ! Va-t-on devoir faire appel aux expulsés de la "jungle" de Calais ???
Bref, on nous a baladés.
La délégation a juste obtenu, à titre humanitaire, que les papas puissent déjeuner le matin au centre Bonnet avec leur famille, et manger à midi et le soir au foyer des Romains un repas chaud en famille, à partir de demain !
Le rassemblement se prolongeant, Mauricette Charlet a reçu un appel de la préfecture ; nous avons obtenu que dès ce soir, un repas chaud sera servi au foyer des Romains.
Une partie d'entre nous décident alors d'aller au foyer des Romains avec les migrants. Nous découvrons alors que le foyer n'a pas été averti de la venue des demandeurs d'asile. Nous tentons d'appeler le numéro direct qui a été donné à la délégation et tombons sur un répondeur.
Quelqu'un ayant un autre numéro, nous tombons sur le directeur de cabinet et arrivons à faire débloquer la situation pour le repas : tous les demandeurs d'asile pourront manger, la police le vérifiera.
En revanche, rien pour l'hébergement.
Nous appelons donc à revenir encore plus nombreux à la préfecture demain 24 septembre à 17H30.
En cas de réponse négative, nous envisagerons collectivement les actions que nous devrons prendre, en accord avec les intéressés.
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