Dans quelques jours, le Ministre de la culture devrait intervenir sur le dossier de la numérisation de la bibliothèque nationale de France. Saura-t-il éviter le « véritable tête à queue » politique que dénonce à juste titre l’ancien Président de la BNF Jean Noël Jeanneney. Pour le PCF l’urgence de l’heure consiste à donner à la BNF les moyens de la numérisation de son propre patrimoine. Celui-ci est un bien commun de l’humanité et la BNF, service public, se doit de garder la maîtrise totale de cette véritable mémoire du monde afin de la mettre gratuitement et sans conditions à la disposition de tous.

Il nous semble important également de souligner que ce droit d’accès ne suffit pas. Il faut créer les conditions d’une véritable appropriation populaire de ces œuvres. Le libre accès aux œuvres n’est pas en soi porteur de démocratie et de citoyenneté ; il doit s’accompagner d’action culturelle et d’éducation populaire susceptibles de créer les conditions d’une appropriation sociale des œuvres. C’est pourquoi, il ne peut en aucun cas s’accommoder de la régression de l’intervention publique, qu’il s’agisse de la RGPP qui démantèle le Ministre de la culture ou de la baisse massive des effectifs qui frappe l’Education Nationale ou encore de la faiblesse insigne de l’éducation artistique.

Dans l’immédiat, le PCF exige que le gouvernement donne à la BNF les moyens de poursuivre et de maitriser sa propre numérisation en renforçant le programme Gallica en cours. Il doit également être un acteur déterminé du développement du projet européen Europeana initié en 2008, seule alternative publique au monopole de Google.

Si nous ne sommes pas opposés à des coopérations et des partenariats avec des entreprises privées, nous pensons prioritaire de posséder un outil de service public, doté de moyens financiers et humains, garantissant la maîtrise des contenus de la numérisation et de leurs diffusions.
Google, entreprise privée réclame, dans la proposition qu’elle fait à la BNF, l’exclusivité des droits. Il ne peut être question d’accepter que notre patrimoine culturel soit confisqué, aliéné à terme par une logique de rentabilité financière. C’est pour nous un véritable enjeu de civilisation.

Parti Communiste Français

Paris, le 14 septembre 2009.