Sabotages : la police avoue que c’est du flan ?
Par Pierre BOUKHALFA le mercredi 12 novembre 2008, 23:33 - Média - Propagande - Lien permanent
Hier on avait une MAM paradant, exhibant ses trophées : les terroristes d’ultra-gauche retrouvés avec une vitesse extravagante. La gauche, du PC-CGT, à la LCR pouvait se dissocier.
Aujourd’hui, malgré le renouvellement des garde-à-vue, la police avoue à demi-mot qu’elle a un peu tapé au pif.
"Il n’y a pas d’élément matériel qui permette de les attacher directement aux actes de malveillance", nous dit-elle.
"On ne peut pas leur imputer individuellement tel ou tel fait précis".
Alliot-Marie elle-même a perdu de sa gloire. "Les perquisitions ont permis de recueillir beaucoup de documents très intéressants". Très intéressants ? La police n’a retrouvé ni horaires de train, ni carte détaillée du réseau SNCF, ni explosifs, selon une "source policière". Une des rares preuves ? "un manuel décrivant la conduite à tenir en cas de garde à vue".
On parle aussi de matériel d’escalade (hou, dangereux !) et de tiges de métal n’ayant rien à voir avec les dispositifs anti-trains.
L’opération se dévoile : un coup médiatique et politique, pour abattre des gens un peu trop remuants à coup de gav de 4 jours et de reportages diffamants passant en boucle à la télé.
Un coup préparé de longue date (la surveillance des gens arrêtés durait depuis apparemment 7 mois), qui s’est trouvé accéléré par l’affaire des TGV. Les flics parlent en effet de coïncidence : durant leur surveillance politique ils auraient vu un des groupes filés s’approcher de voies de chemin de fer - sans plus.
Reste leur dernière arme : les analyses génétiques.
Attendons donc avant de deviser sur des personnes qui n’ont, jusqu’à preuve du contraire, rien à voir avec ce dont on les accuse, qui rappelons-le, sont en train de subir la torture blanche dans les geôles ultra-modernes de la SDAT.
Il est possible que les renseignements étasuniens à eux seuls aient fait du jeune anarchiste français, qui avait manifesté aux States contre la guerre, "un redoutable Ben Laden", fomentant la déstabilisation du pays, en s’en prenant aux lignes de chemin de fer.
Ces renseignements US ont, peut-être, décidé de l’ampleur de l’opération.
Les libertés accordées aux polices de l’anti-terrorisme confinent, parfois, au délire...
Vu récemment à la télé : pour arrêter "un chien que les flics pensaient être un terroriste" lequel appartenait à deux femmes espagnoles "suspectées, elles, d’être des membres de l’ETA, on avait déplacé le GIGN...
Heure par heure l’affaire a l’air de tourner à un vrai canular avec des méthodes de police politique.Le jour du 11 novembre il fallait s’attendre à des manoeuvres douteuses et c’est le Figaro qui révèle cette information .
Le FBI aurait informé les autorités françaises, qu’un couple de nationalité française aurait tenté de passer illégallement la frontière US Canada et aurait trouvé sur eux des textes subsersifs.
Selon le FBI, ce couple était suivi après qu’il est été repéré, participant à une manifestation à New York en Janvier 2008, en compagie de jeunes américains, qualifiés aussi d’ultra gauche .Cete manifestation avait comme objectif, un centre de recrutement de l’armée .
Ce couple serait le soi-disant chef du soi- disant commando et sa compagne.
Cela prouve que la police française comme l’armée sont bien alignées et intégrées dans le dispositif américain.
Si le FBI s’intéresse à ces deux Français, ce sont donc des "gros poissons" pour la DRCI...
Hormis cet élément venu du Maître étasunien, il n’y a pas grand chose à retenir contre ces jeunes : de la littérature révolutionnaire, un manuel de désobéissance civile (l’intention n’est pas condamnable en droit français) et les dires de policiers qui affirment que certains des membres n’étaient pas loin des lignes de chemin de fer sabotées.
C’est très maigre comme charges. D’autant que ces personnes étaient, paraît-il, suivies, écoutées, approchées, depuis sept mois !
Après les 96 heures de garde-à-vue, la DRCI risque d’être ridiculisée et désavouée par les magistrats.
Je conseille vivement aux personnes relâchées de porter plainte pour diffamation contre TF1 et leur expert, un ancien commissaire de la DST, qui les présentent, encore ce soir comme des "terroristes", "possédant dans leur appartement des gilets pare-balle, des battes de base ball, des cocktails Molotov, etc."
Il ne faut pas louper les journalistes de la maison Bouygues.
Commentaires